Les MME désignent à la fois les migrants et les personnes d’origine immigrée. C’est un groupe qui est marqué par sa forte hétérogénéité. Les MME ont bien souvent des positions désavantagées au sein de la société. En Belgique, c’est, selon le rapport, le cas des populations d’origine turque ou marocaine. Leur état de santé, plus précaire que celui des autochtones, est déterminé par un contexte socioéconomique qui leur est défavorable. Les études montrent qu’ils ont une moins bonne santé perçue, souffrent de plus d’affections chroniques (comme le diabète de type II) et sont plus exposés à la dépression et à l’anxiété. L’accès aux soins ou le recours aux offres et services en matière de santé pour ces personnes est également plus difficile : moins de généraliste de référence, moins de pratique du dépistage et de la vaccination. Les personnes en situation de séjour précaire et les demandeurs d’asile sont encore plus touchés par ces inégalités de santé.

Des recommandations internationales existent en ce qui concerne la prise en charge et les actions orientées vers ces populations. Le groupe cite, en exemple, la Déclaration d’Amsterdam signé par 12 pays européens en 2004 qui a dégagé quatre principes généraux pour des hôpitaux plus adaptés aux besoins des migrants dans une Europe de la diversité ethnique et culturelle :

  • investir en faveur de services plus personnalisés pour tous les patients ainsi que leurs familles;
  • sensibiliser aux expériences des MME et aux inégalités sociales de santé;
  • éviter le stéréotypage, en considérant l’origine ethnique, la culture et la religion comme quelques-unes parmi de nombreuses dimensions de l’être humain;
  • développer des partenariats avec les communautés et les groupes d’intérêt.

Les recommandations d’Ethealth reposent sur quatre principes directeurs :

  • la prise en considération de l’hétérogénéité des MME, ce qui nécessite des approches individuelles et narratives;
  • une gestion inclusive se souciant de l’universalité de l’offre c’est-à-dire son adaptation à tous les groupes de populations;
  • une approche globale de la personne prenant en compte tous les aspects de la vie quotidienne;
  • la prise en compte du contexte socioéconomique, de la culture et de la communication.

Parmi toutes les recommandations, Cultures&Santé retiendra particulièrement les suivantes :

  • le développement de stratégies globales en coordonnant les différents niveaux de compétences;
  • la formation de tous les professionnels de santé pour qu’ils soient culturellement compétents (sensibiliser à l’interculturalité, aux stéréotypages, à la diversité des représentations);
  • la réduction des freins à la prévention et à l’accès aux offres en matière de promotion de la santé;
  • le focus sur des sous-groupes plus touchés que sont les personnes en séjour précaire, les personnes avec des problèmes de santé mentale et les femmes;
  • l’amélioration de l’accès aux soins de première ligne et le développement de soins culturellement compétents (interprétariat, médiation, prise en compte des spécificités, information sur les lieux de signalement en matière de discrimination).

Le rapport intégrant les recommandations peut être téléchargé via le lien suivant :

http://www.diversite.be/diversiteit/files/File//studies/2012/2011_12_16_rapport%20final_FR.pdf